Ode aux vents de la nuit (1983), poème publié

poème par Olivier Aulry
publié dans la revue NRF 

 

 

Oh je suis bien l’amant,

le seul homme en dérive,

l’ombre perdue qui peuple ces rues vides

comme tombée du firmament.

 

Oh je suis bien cet acte qui s’écoule

des nuits durant sur des marches glissantes,

cette ville aux fondations qui lentement s’écroulent,

cette mort qui déjà partout hante.

 

Je suis le désespoir le plus incontinent,

autour de moi tombe les choses les plus belles,

tout ce qui n’est pas arraché par le courant

pleure de sa voix frêle.

 

O cloche de mon désarroi,

voix ployées que des mains étouffent,

amis si loin de moi,

voilà ce que le vent me souffle.

 

Oh les vents ont des volumes noirs

sous leurs flancs vastes qui décollent.

Voyageurs, ils portent aux matins les soirs

et boivent les matins dans leurs sombres corolles.

 

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